Ecrire sans violence

Il y a quelques mois, j’ai discuté avec un ami (il se reconnaîtra) qui s’est lancé dans un projet un peu fou : écrire un roman de fantasy qui ne contiendrait aucune scène de violence. J’ai trouvé l’idée merveilleuse, et je me suis rendue compte de mon propre rapport à la violence dans mes écrits et mes lectures. J’avais envie de partager mes réflexions et de l’enrichir de celles des autres, alors c’est parti !

La violence en littérature

Quand je pense à la présence de la violence dans la littérature de fiction adulte, je suis stupéfaite. Il y en a partout, et cela ne se limite souvent pas à une simple bagarre : la mort semble être la norme. Aucun genre n’est épargné, mis à part la romance. Pourquoi cette exception ? D’après moi, cela est dû au public cible, que sont les femmes. Ces dernières sont moins éduquées que les hommes à apprécier la violence (qui est souvent vue comme une marque de virilité) et la romance en est donc souvent exempte. Ces dernières années, je trouve que le phénomène s’amplifie : la nouvelle popularité de la dark fantasy et d’ouvrages comme Game of Thrones où, justement, on attend fébrilement de savoir qui va mourir ensuite. Pour faire un parallèle avec le jeu vidéo par exemple, qui a fait face au même phénomène dans les années 2000-2010, propose désormais de plus en plus de jeux sans violence d’une grande qualité (je pense par exemple à Gris sur Switch).

Ce constat n’est pas là pour condamner la violence en littérature, mais simplement pour la questionner. Pourquoi est-elle à ce point un automatisme ?

Une source inépuisable de conflits

Tous les auteurs le savent : le conflit (interne ou externe) est le moteur de l’histoire. Et quoi de plus facile que la violence pour générer du conflit ? Quelques exemples d’histoires basées là-dessus :

  • Un enfant qui a vu ses parents mourir sous ses yeux, et qui brûle de désir de revanche.
  • Un cas mystérieux de meurtre auquel le protagoniste va s’intéresser
  • Un antagoniste qui menace de conquérir le monde grâce à la force, et auquel le protagoniste doit résister.
  • Une menace quelconque (maladie, guerre) dont l’importance est renforcée par son aspect mortel.

Alors que la violence ne fait pas (pour la plupart) partie de notre quotidien, elle est presque systématiquement présente dans la fiction. La possibilité qu’un personnage meure le rend plus attachant, la description d’un duel à l’épée provoque une montée d’adrénaline chez le lecteur, une blessure handicapante peut totalement changer. Alors la violence, indispensable ? Pas forcément. 

Des pistes pour écrire sans violence

Je ne prétends pas avoir la science infuse, mais voici quelques pistes de réflexions pour, si tu le souhaites, apporter davantage de non-violence dans vos récits :

  • Analyser ce qui existe : qu’est-ce qui apporte du conflit dans une romance non violente ? Est-ce transposable à mon propre projet ? C’est aussi valable pour la littérature jeunesse, qui sait créer du conflit sans avoir à utiliser la violence.
  • Créer du conflit avec les mots : les intrigues politiques, les énigmes, les disputes…
  • S’inspirer de son propre vécu (qui est riche en conflit) pour en insuffler des éléments dans la fiction.

 

Ma réflexion n’en est qu’à ses débuts, alors je suis très intéressée par ton avis : que penses-tu de la violence dans la littérature ? As-tu déjà essayé d’écrire sans / de lire un ouvrage qui n’en contient pas ? Qu’en as-tu pensé ?

N’hésite pas à me répondre en commentaire et, si tu as apprécié cet article, à le partager !

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