Qu’est-ce qu’on attend d’un synopsis ?

Aujourd’hui, j’enfile ma casquette d’éditrice chez Rocambole pour parler de cet exercice qui fait si peur aux jeunes auteurices : le synopsis. Je ne vais pas forcément te parler de technique pure, mais plutôt de considérations générales, qui sont souvent occultées : qu’est ce que l’éditeur regarde quand il lit un synopsis ? Pourquoi ? Plus globalement, qu’attend-il de ce fichier ? En lisant cet article, j’espère t’apporter un éclairage différent et t’aider à considérer plus sereinement ce qui peut parfois ressembler à un véritable casse-tête. C’est parti !

 

Pourquoi l’éditeur demande-t-il un synopsis ?

 

C’est une demande légitime. Après tout, dans le cadre des romans, il a le manuscrit complet pour se faire une idée. Pourquoi, en plus, nous faire écrire un synopsis ? C’est que l’éditeur, il en reçoit des tonnes de manuscrits (et même chez Rocambole, qui n’est pas encore très connu, tu serais étonnée du nombre de soumissions qui ne respectent pas les consignes). Il a donc souvent besoin d’aller à l’essentiel, et de savoir si cela est pertinent ou pas de se palucher ces 650 pages (souvent sur son temps libre). Le synopsis, c’est un peu le mode d’emploi du roman : il explique très rapidement qui fait quoi, où, comment, du début à la fin (incluse, contrairement au résumé). Ainsi, en deux pages maximum, l’éditeur est capable de savoir si l’intrigue tient la route (ça se voit très vite), quels sont les grands thèmes abordés et si tous les arcs narratifs suivent un chemin cohérent. Oui, on peut savoir tout ça grâce à un synopsis, et c’est d’ailleurs ce que tu dois essayer de transmettre (on en reparlera). S’il lit le premier chapitre et qu’il a l’air sympa, mais qu’en lisant le syno il se rend compte que l’intrigue est résolue aux trois quarts du roman, et que le reste est sans intérêt, il va peut-être y réfléchir à deux fois, ou préférer un roman plus solide.

Je crois que c’est le mot qui résume bien mon propos : le synopsis va permettre à l’éditeur de s’assurer de la solidité du récit.

Chez Rocambole, les choses se passent un peu différemment, puisqu’on ne demande que le premier épisode complètement rédigé et un synopsis complet. Le comité de lecture ne lit donc pas la série complète qui, souvent, n’est même pas écrite. Le synopsis devient dont un élément capital et permet d’évaluer l’intrigue, le développement des personnages, le rythme (très important pour une série) et bien d’autres éléments. Pour le style et la qualité d’écriture, l’épisode 1 entre autres sert à cela (et à montrer que l’auteurice sait poser les enjeux, le contexte et les personnages en 10k signes, mais c’est encore une autre histoire).

Dans tous les cas, ce n’est pas un travail à prendre à la légère !

 

 

Que recherche l’éditeur ?

 

De la clarté

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense au synopsis. Il doit pouvoir être clair dès la première lecture, aussi bien sur la forme que sur le fond. Oublie les jolies phrases, les tournures élégantes et les métaphores. Pour ceux qui en ont déjà fait, je compare souvent le synopsis à un rapport : pas de discussions inutiles, on va à l’essentiel et on reste factuel. Oui, c’est chiant, personne ne lit ça pour le fun (en vrai, je dis ça mais j’aime beaucoup lire les syno, quand c’est bien fait j’ai l’impression d’avoir saisi toute l’essence de l’histoire en deux minutes de lecture). Déroule ton intrigue pas à pas, en mettant de côté les détails inutiles, et fais-le relire à quelqu’un qui ne connaît rien à ton roman, c’est un bon test de clarté.

 

De la concision

Dans un synopsis, pas le peine de dire qu’à la page 84 votre héroïne va faire ses courses (sauf si c’est important évidemment). Ne garde que ce qui est nécessaire à la compréhension de l’histoire, ce qui, une fois enlevé, appelle des « Pourquoi ? » et des « Comment ? ». C’est le squelette du roman, ce qui fait de lui une suite d’évènement formant une intrigue et pas juste des scènes accolées les unes à côté des autres. Bien sûr que cette scène montrant l’amour fraternel est importante pour le développement des personnages et l’attachement du lecteur, mais est-elle importante pour le développement de l’intrigue ? Si la réponse est non, tu peux la supprimer !

 

De la structure

Le synopsis s’écrit de manière linéaire par rapport au roman. Si c’est un roman choral par exemple, il ne faut pas séparer les deux « voix » mais suivre le fil de l’intrigue comme le ferait un lecteur, en plus condensé. Traditionnellement pour un roman la démarcation des chapitres n’apparaît pas, mais elle est importante pour une série car le rythme de chaque épisode est capital. Dans ce cas, l’exercice est souvent un peu plus facile, car il suffit de faire un mini synopsis pour chaque épisode pour obtenir celui complet, car les épisodes, contrairement aux chapitres, sont chacun un ensemble narratif.

Pour un roman, résumer chaque chapitre est selon moi une bonne méthode de dégrossir le travail du synopsis, car il permet de s’y attaquer petit bout par petit bout plutôt que de voir cela comme une montagne insurmontable.

 

C’est tout pour cet article, j’espère qu’il t’aura plu et t’auras aidé à considérer le synopsis avec davantage de recul. Lequel de ces éléments de pose le plus de problèmes en tant qu’auteurices, et pourquoi ? Dis-moi tout ! Et si tu as aimé cet article, n’hésite pas à le partager sur les réseaux sociaux pour plus de visibilité !

 

 

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